Dans le cadre d’une coopération franco-japonaise pour le développement des sciences et de l’environnement entre ces deux nations, l’équipe du Laboratoire de Tectonique Liquide voit s’associer en 1999 deux de ses plus actifs chercheurs que sont les professeurs BONNEFOY et TOUCANNE, au Professeur Yakimi OKANIWA du laboratoire de géophysique des cétacés de Tokyo. Ce travail de longue haleine s’intitule:

« Etude d’un système sismique basse résolution pour l’étude des migrations des baleines dans le Pacifique Ouest. Applications et résultats de la mission « DEAD CETACES » d’avril / mai 2000 dans le cadre du programme « ONDES SISMIQUES ET CETACES. »

Juin 1999 : Les premiers essais réalisés en piscine sur des enfants en classe de primaire à la piscine municipale de Limoges montrent qu’au dessus d’une intensité de 160 dB, les signaux émis provoquent d’important troubles psychologiques, nausées et autres maux de têtes. Les cétacés rencontrées dans le Pacifique Ouest étant largement plus imposants que ces jeunes enfants, nous nous sommes mis d’accord pour passer à un système ultra-basses fréquences à 235 dB. Cette intensité a été testé sur des humains morts (remerciement à l’université de Médecine de Limoges) dans un premier temps puis sur des collégiens dans un second temps. Les résultats sont tout à fait probants puisque dans la grande majorité des sujets testés, le conduit auditif est largement lésé voir « explosé » pour 20% des personnes. Seul deux des sujets sont décédés suites à cette expérience sachant qu’un l’était déjà avant l’expérience (…). Cette intensité de signal ultra-basses fréquences a donc été choisi pour réaliser les campagnes à la mer qui permettront en plus de tuer des baleines, de les répertorier, et de cartographier les populations au sein de ce vaste océan qu’est le Pacifique. Les Japonais se sont dis satisfait de cet initiative française et le Ministère de la Recherche soutient vigoureusement le Laboratoire de Tectonique Liquide dans sa démarche scientifique.

Septembre 1999 : Les ingénieurs du laboratoire s’activent pour mettre en place un système géophysique capable d’assurer ce niveau d’intensité des ondes émises. Après avoir longuement hésité entre des sources « sparker » ou « airgun » classiques en prospection géophysique, le laboratoire opte plutôt pour une option sonar. Le système LFAS (Low Frequency Active Sonar) de l’US Navy, largement utilisé dans les eaux internationales serait tout à fait adapté selon le Pr. BONNEFOY qui disait ironiquement dans le quotidien Le Monde « que La force de 235 décibels du LFAS "pourrait" être largement suffisante pour causer la perte du système auditif voire la mort des baleines et comme tout le monde sait : Une baleine sourde est une baleine morte 

Un des 7 cachalots échoués sur la plage de Malibu (remarquez le 4*4 de Mitch en arrière plan !)

 

Avril 2000 : Départ de Malibu Beach pour le premier opus de la mission « DEAD CETACES ». C’est à cette période que le Pr. TOUCANNE rencontrera Mitch BUCHANONN, célèbre sauveteur en mer et papa d’un petit Hobbie. Cette rencontre sera décisive pour la suite des travaux du Professeur (cf. interview pour la mission lacustrographique dans le Parc de la Gournerie à St Herblain – 44). Les premiers essais sonar sont particulièrement concluant puisqu’à peine partie, le bateau croise un groupe de cachalot qui venait d’être remis en liberté par une association écologique et protectrice de la nature. La décision fut rapidement prise de tester la qualité du sonar. Quelques jours plus tard, Mitch Buchanonn nous avertissait de l’échouage de 7 cachalots sur la plage de Malibu. Objectif atteint puisque tous ces cachalots saignaient des oreilles. L’intensité des ondes était donc tout à fait justifiée. Précisons que ces 7 cachalots n’ont pas été pris en compte dans les statistiques finales puisqu’il s’agissait « d’une simple essais » comme le faisait remarquer le Pr. OKANIWA du laboratoire de géophysique des cétacés de Tokyo.

La mission était programmé pour une durée de 7 semaines. Le trajet fut le suivant :

 

Parcours de la mission DEAD CETACES (départ Malibu – arrivée au Japon)

On remarquera que le parcours de la mission est tout à fait logique et qu’il permet à notre sonar d’agir sur l’ensemble des cétacés du Pacifique. « Pas de jaloux » comme s’accordaient à dire autour d’une bonne bière les Pr. TOUCANNE et BONNEFOY !

Les résultats furent les suivants (en nombre de cétacés observés donc morts):

Cachalots : 470

Globicéphales : 1234

Rorqual : 820

Baleines à bosse : 924

Dauphins : 11640

Baleines bleus : 3

Autres : 6401

Précisons que le faible nombre de baleines bleus tués permet d’affirmer les craintes des scientifiques concernant la disparition de cet espèce pourtant protégé ! A quand la fin de la chasse à la baleine par quelques nations sanguinaires ???!

C’est donc un total de 21492 cétacés qui ont été répertoriés (tués) dans le Pacifique lors de cette mission. L’ensemble des données seront étudiés pour mettre en évidence des parcours de migration des baleines notamment. Les premiers commentaires des biologistes étaient tout à fait enthousiastes : « C’est une excellente chose que cette mission. Les résultats montrent bien que les stocks de cétacés sont encore importants dans le Pacifique et nous pourrons sans aucun doute faire des avancées extraordinaires dans la compréhension du phénomène migratoire chez ces mammifères marins. » annonçait Stewart O’Grady, chercheur en biologie marine et cycliste confirmé (plusieurs participation au Tour de France).

Il est évident que certains groupuscules comme Greenpeace nous ont fait savoir leurs craintes concernant une telle mission et nous reprochent d’exterminer les derniers cétacés du Pacifique. Nous leur avons affirmé avoir croisé 3 dauphins vivants sur le chemin du retour et ce bien après les derniers essais sonar. Le Pr. BONNEFOY raconte : « après avoir heurté quelque chose avec la coque du bateau, je me suis dirigé sur le pont avant et j’ai remarqué que 3 dauphins jouaient devant la proue du bateau ! C’était un spectacle magnifique malgré que celui ayant heurté le bateau nageait sur le flanc et paraissait un peu sonné ! ». Le ballet de la vie…si beau et si fragile, d’ou la nécessité de l’étudier pour mieux le protéger.

 

Le meilleur souvenir de l’ensemble de la communauté scientifique est unanime. Le Pr. TOUCANNE raconte : « Nous nous regroupions souvent sur le pont du bateau lorsque l’océan était calme. Une bière à la main, nous regardions ce miroir bleu devant nous… Nous demandions au technicien de lancé les essais sonar LFAS et nous attendions que le vie apparaisse sur cet immensité océanique. La vie qui grouillait sous cet surface océanique se manifestait de manière indirecte par des auréoles rouges qui venaient percer la surface de l’eau… L’explosion du système auditif des baleines et autres cétacés provoquaient ces mares de sang à la surface de l’eau… le spectacle était troublant ! Quelquefois, l’apothéose se produisait avec l’éventuelle remontée de l’un de ces mammifères marins… ».

 

 

Récit des professeurs TOUCANNE, BONNEFOY et OKANIWA dans le cadre de la coopération franco-japonaise.

 

 

ATTENTION : Il est important de préciser que cet article est totalement ironique. Les auteurs ont connaissance des conséquences des campagnes de prospection géophysique sur la vie des baleines. Cet article est donc une dénonciation et il faut le considérer comme telle.